—Est-ce que tu es marin?

—Mais oui.

—Et maintenant tu restes à terre pour faire la chasse aux aristocrates?

—Tu l'as deviné.

—Bravo! à ta santé!

—A la tienne et à celle de la citoyenne! répondit Marcof en élevant son verre de la main gauche, tandis que de la droite il enlaçait Hermosa et l'attirait à lui comme pour l'embrasser, mouvement fort ordinaire à la table du proconsul.

Hermosa plia sous l'étreinte du marin.

—Un mot et tu es morte! lui glissa Marcof à l'oreille, en effleurant de ses lèvres le cou de la courtisane, afin de motiver son action.

—Hermosa! hurla Carrier, si tu m'es infidèle, je te fais déporter ce soir!

—Tiens! tu es jaloux? riposta Marcof; vilain défaut, citoyen, et qui sent l'aristocrate. Liberté, égalité, c'est ma devise! Donc, si tu es libre d'embrasser la citoyenne, je sois libre aussi de le faire, et nous sommes égaux tous deux devant son amour. Bois donc! et vive la nation!