—Vive la nation! hurla l'assemblée tout entière.
—Bravo le tueur de hyènes!
—Vive la liberté!
—Vive l'égalité! cria-t-on de toutes parts.
Marcof grandissait en popularité. Carrier lui-même, habitué à voir tout plier devant lui, trouvait amusante la franchise du marin. Néron aussi avait ses bons jours.
—Dis donc, citoyen, reprit-il en ricanant, est-ce que c'est en Afrique que tu as pris l'habitude de souper avec un pistolet à côté de ton assiette?
—Justement.
—Mais ce n'est pas d'usage ici.
—Et la liberté donc? D'ailleurs, demande à Pinard pourquoi je ne quitte jamais mes armes. Il te le dira, lui. Allons, Pinard, qu'est-ce que tu as? Tu ne dis rien! Tu ne parles pas! Est-ce que ton séjour parmi les aristocrates t'a rendu muet?
Et Marcof, passant encore son bras autour du cou du misérable, appuya le doigt sur la place qu'il avait déjà touchée deux fois. Carfor se redressa comme s'il venait d'être mordu par un serpent.