—Parle donc! répéta Marcof.
—Qu'ai-je à dire? s'écria le sans-culotte avec une volubilité fiévreuse, tandis que le sang envahissait subitement son visage et tendait les veines de son cou; qu'ai-je à dire, si ce n'est que tu es le meilleur des patriotes que j'aie jamais connus. Vive le tueur de hyènes!
Pinard s'arrêta. Ses traits crispés exprimaient une douleur effrayante. Mais l'orgie montait rapidement à son comble; les paroles s'entre-croisaient de tous côtés. Personne, pas même Carrier, ne fit attention à l'expression de la physionomie de Pinard. On entendit seulement qu'il vantait le patriotisme de son voisin, et comme celui de Pinard avait une grande réputation, on chanta les louanges du nouveau venu. Le lieutenant de la compagnie Marat se pencha vers Marcof, et, le regard plus suppliant que jamais, il murmura à voix basse:
—Par pitié, je ne pourrais en endurer davantage. J'aimerais mieux mourir!
—Tu souffres donc?
—Comme un damné.
—Alors, songe à ceux que tu as fait souffrir!
—Oh! pensa Carfor, dussé-je être tué cette nuit par toi, tu ne sortiras pas vivant de cette maison.