—Allons... dit Boishardy, il ne nous reste plus qu'à mourir.

—Mais au moins nous mourrons ensemble, répondit Philippe. Une arme! Donnez-moi une arme! Nous sommes quatre!...

—Vous m'oubliez donc, monseigneur? fit une voix émue.

Le vieux Jocelyn s'avançait à son tour.

—Tiens, dit Marcof, prends ce poignard.

—Ils montent, cria Keinec.

—Essayons toujours de vaincre, répondit Marcof.

—Non, non, fuyons, interrompit Piétro. Venez, venez, suivez-moi. Que l'un de vous seulement éteigne la lanterne.

Keinec brisa la lampe. Piétro alors saisit la main de Marcof et l'entraîna dans l'obscurité. Leurs compagnons les suivirent. On entendait les pas des sans-culottes qui gravissaient hâtivement l'escalier. L'obscurité pouvait encore protéger Piétro et ceux qu'il dirigeait; mais cette obscurité allait cesser, car déjà la lueur des torches apparaissait à l'entrée du corridor.

Piétro venait d'atteindre l'extrémité opposée. Il poussa une porte tout ouverte, et pénétra dans une petite pièce dans laquelle brûlait une bougie enfermée dans une lanterne sourde. Tous se précipitèrent. Piétro referma la porte et poussa deux verrous intérieurs.