Puis, s'adressant à Marie-Augustine:
—Venez, dit-il, venez, mademoiselle, que je vous présente votre nouvelle famille.
Mademoiselle de Fougueray, très émue, se leva et s'appuya sur le bras que lui offrait Marcof. Un canot accostait le lougre, et Philippe, s'élançant sur le pont, se retournait pour donner la main à sa charmante femme. Yvonne venait après elle. Keinec descendit lentement du banc de quart; Jahoua le saisit par le bras.
—Viens donc aussi, lui dit-il; viens saluer ta fiancée!
—Tu souffres bien, n'est-ce pas? répondit Keinec.
—Non, fit le bon fermier en s'efforçant de sourire; je suis heureux puisque tu vas l'être, et ton bonheur, vois-tu, c'est le mien.
Et Jahoua entraîna Keinec au-devant d'Yvonne. Pendant ce temps, Marcof avait présenté mademoiselle de Fougueray à son frère et à la marquise de Loc-Ronan. Tous trois s'accueillirent mutuellement comme de vieux amis.
—On vous a bien fait souffrir en mon nom, dit Marie-Augustine en pressant dans les siennes les mains que Julie lui avait tendues. Pourrez-vous jamais oublier assez pour m'aimer un peu?