Keinec courut à lui.

—Que veux-tu? demanda vivement le marin en remarquant la profonde altération des traits de son ami.

—Je veux qu'Yvonne soit heureuse! répondit Keinec d'une voix sourde; je veux que tu m'aides à assurer son bonheur, et je vais te dire ce qu'il faut que tu fasses.


[III]

[LE MARIAGE]

A l'aube naissante du jour, Julie et Marie-Augustine vinrent frapper à la porte d'Yvonne. Les deux femmes voulaient parer de leurs mains la jeune fille. Chacune lui apportait un souvenir d'amitié et un témoignage d'affection: Yvonne souriante, la pauvre enfant avait séché ses larmes, Yvonne écoutait avec une respectueuse reconnaissance les douces paroles murmurées à son oreille.

Julie surtout, la sainte créature qui, mieux que personne, comprenait l'abnégation de soi-même, Julie, qui avait deviné depuis longtemps ce qui se passait dans le cœur de la jeune fille, lui prodiguait les mots les plus affectueux. A sept heures et demie Yvonne était prête.

Le mariage devait avoir lieu à huit. Yvonne voulut aller saluer le marquis. Les trois femmes croyaient Keinec et Marcof auprès de Philippe. Elles n'y trouvèrent que Jahoua qui, paré de ses plus beaux habits, devait servir de témoin à la jeune fille.

—Keinec n'est-il donc pas ici? demanda Julie avec étonnement.