—Mais, fit observer Marcof, pouvez-vous bien vous absenter huit jours? Le placis se passera-t-il de vous?
—Sans aucun doute.
—Votre absence, cependant, peut nuire à la sécurité générale.
—Elle sera ignorée, répondit Boishrdy à voix basse en désignant Keinec.
—Ne craignez pas de parler devant lui. Je réponds de Keinec, dit Marcof à voix basse. D'ailleurs, puisque vous voulez venir avec moi, il est bon je pense, que quelqu'un ici connaisse l'endroit où nous sommes.
—Cela est vrai. Vous avez raison. Il faut que l'on sache où nous trouver, ou du moins où nous serons allés tous deux.
—Autant Keinec qu'un autre pour lui confier ce secret.
—Mieux qu'un autre, même, répondit Boishardy.
Puis s'adressant au jeune homme.
—Écoute, continua-t-il, je vais mettre notre existence à tous deux entre tes mains. Un seul mot de toi pourra nous perdre si ce mot est entendu d'un bleu ou d'un traître. Marcof et moi nous partirons cette nuit pour Nantes. Pour tous nos gars, à l'exception de Fleur-de-Chêne, il faut que nous soyons allés près de La Rochejacquelein. Tu comprends?