—Vous venez de me confier que vous alliez à Nantes? dit le jeune homme d'un ton respectueux mais parfaitement ferme et déterminé.

—Oui, mon gars, répondit Boishardy en regardant avec étonnement son interlocuteur.

—Avec Marcof?

—Oui encore.

—J'irai avec vous.

—Toi!

—Sans doute. Vous allez dans la caverne de Carrier, comme vous le dites vous-même. Il y a dix-neuf chances sur vingt pour que vous vous laissiez emporter par votre indignation, et que vous soyez menacés. Un bras de plus aide toujours. Acceptez le mien.

Boishardy regarda Marcof. Keinec surprit ce coup d'œil, et saisissant la main du marin:

—Marcof, lui dit-il, tu sais si je te suis dévoué, si je t'aime, si je te suis fidèle? Eh bien! tu vas à Nantes accomplir quelque grand acte de courage, quelque sublime œuvre de dévouement, j'en suis sûr. Je ne le sais pas, mais je le devine. D'ailleurs, je ne demande pas ton secret; garde-le. Que m'importe? Ne me dis rien; seulement ne repousse pas ma prière. Laisse-moi t'accompagner! Sers-toi de moi comme le chef se sert du soldat, comme le maître se sert du chien. J'obéirai à tes moindres ordres, je te le jure, sans même essayer d'en soupçonner le but, si ce but est un secret que je doive ignorer. Mais tu vas risquer ta vie, je veux aller avec toi! Je le veux et je le ferai!

—Et si je te refusais, moi? fit Boishardy.