—Eh bien?

—Je savais, ou du moins je supposais depuis longtemps une partie de ces mystères.

—Comment cela?

—J'étais à Rennes jadis, lorsque Philippe épousa mademoiselle de Château-Giron, de laquelle j'ai l'honneur d'être un peu parent, et j'assistai à leur union en qualité de témoin. Je sus plus tard qu'elle s'était retirée dans un couvent, et j'avais d'abord attribué cette résolution à quelque chagrin de ménage, chagrin dont j'étais tout d'abord fort loin de supposer la cause épouvantable. Enfin, lorsqu'il y a deux ans passés, le soir même où vous nous apprîtes, à La Bourdonnaie et à moi, que le marquis n'était pas mort, j'entendis la femme que nous avions arrêtée se parer du titre de marquise de Loc-Ronan; une partie de la lumière se fit à mes yeux, bien que je ne pusse croire que cette aventurière dît vrai et eût droit au noble nom sous l'égide duquel elle se plaçait.

—Elle avait droit cependant à ce titre qu'elle prenait.

—Le croyez-vous?

—Philippe l'avait épousée!

—Sans doute; mais il y a là dedans quelque étrange mystère.

—Qui vous le fait penser?

—La conduite de cette femme.