—Vraiment?
—Oui: une femme de qualité, une demoiselle de Fougueray, aurait tenu autrement son rang.
—Comment cela? Je ne comprends pas.
—C'est fort simple. Vous savez que je l'avais fait diriger sur le château de La Guiomarais?
—Oui.
—Vous n'ignorez pas non plus que c'est dans ce château que La Rouairie vint mourir?
—Je le sais.
—Donc cette femme s'est trouvée forcément en rapport avec lui.
—Eh bien?
—Vous ne devinez pas? La Rouairie était aussi ardent auprès des belles que courageux au milieu du feu; aussi intrépide en amour qu'au combat. Notre malheureux ami vit cette demoiselle de Fougueray et la trouva charmante. Le fait est qu'elle était à cette époque véritablement fort jolie. Quoique n'étant plus de la première jeunesse, elle avait conservé cette grâce attrayante et luxuriante, ce je ne sais quoi enfin qui fait la puissance de la courtisane. Elle s'aperçut facilement de l'effet qu'elle avait produit, et elle en profita avec une habileté et une coquetterie infernales. J'étais alors en Vendée, La Rouairie était seul, et, comme toujours, il se laissa dominer par ses passions. Bref, vous le devinez, cette femme, cette marquise qui portait un nom illustre, séduisit complètement son gardien et devint sa maîtresse!