—Qu'est-ce que c'est?
—Parle vite!
—Raconte-nous cela!
—La parole est à Pinard.
Et les sans-culottes, se pressant davantage, contraignirent le lieutenant de Carrier à monter sur un banc pour être à même d'être mieux entendu de tous. Pinard jeta autour de lui un regard de complaisance et commença:
—Mes braves sans-culottes, vous allez me comprendre en deux mots. Vous connaissez tous la place du département, qui est située à l'autre extrémité de la ville?
—Oui! cria-t-on de toutes parts.
—Eh bien! je propose que l'on y conduise tous les soirs quelques centaines d'aristocrates; qu'on les range en ligne: que l'on établisse une batterie d'artillerie en face d'eux, et que, pour s'entretenir la main, les vrais patriotes tirent dessus à mitraille. Ça vous va-t-il?
—Bravo! s'écrièrent les sans-culottes.
—A-t-il des idées, ce Pinard! disait l'un.