—Et qui accusez-vous?
Le tailleur haussa les épaules, puis il répondit:
—Depuis plusieurs jours on a vu des étrangers rôder autour du château.
—Eh bien?
—Eh bien! ne savez-vous pas ce qu'on dit de ce qui se passe en France? Après cela, continua-t-il avec un peu de dédain, dans ces campagnes reculées, on n'apprend jamais les nouvelles; mais moi qui vais souvent dans les villes, je suis au courant des événements...
—Qu'est-ce qu'il y a donc? demanda un vieillard.
—Il y a qu'à Paris on s'est battu, on a pendu des nobles.
—Pendu des nobles! s'écrièrent les paysans avec une réprobation évidente.
—Oui, mes gars. Ils font là-bas, à ce qu'ils disent, une révolution. Ils veulent contraindre le roi à signer des édits; et comme les gentilshommes soutiennent le roi, ils tuent les gentilshommes. Qu'est-ce qu'il y aurait d'étonnant à ce qu'on se soit attaqué à notre pauvre marquis, car chacun sait qu'il aimait son roi.
—C'est vrai! c'est vrai! murmura la foule.