—Montons!

Les trois hommes gravirent rapidement le premier étage de l'escalier du château. Jocelyn introduisit ses deux interlocuteurs dans la petite pièce que nous connaissons déjà. Rien n'y était changé. Les livres que le marquis avait feuilletés la veille au matin étaient encore ouverts sur la table. Jocelyn poussa un soupir. Le comte et le chevalier n'y prêtèrent pas la moindre attention. Seulement ils s'assurèrent que personne ne pouvait les entendre. Cette précaution prise, ils attirèrent à eux des siéges.

—Pas là! s'écria Jocelyn en voyant le comte s'emparer du fauteuil armorié que nous avons décrit précédemment.

—Que dites-vous?

—Je dis que vous ne vous assiérez pas dans ce fauteuil, fit résolûment le serviteur en éloignant ce meuble révéré.

—Ah! c'est le fauteuil de feu le marquis! répondit le comte avec insouciance et en prenant un autre siége. Soit, je ne vous contrarierai pas pour si peu. Puis je vous jure que la chose m'est complètement indifférente.

—Jocelyn, dit à son tour le chevalier, mon frère a le désir de vous faire une communication importante.

—Je vous écoute, répondit Jocelyn en demeurant debout, non par respect, mais par habitude. Seulement je vous ferai observer que j'ai peu de temps à vous donner.

—Oh! soyez sans crainte, estimable Jocelyn, fit le comte en souriant; je serai bref dans mon discours, et il ne tiendra qu'à vous de terminer promptement notre conversation...

—Veuillez donc commencer...