—Là! dit-il quand cela fut fait; maintenant, mon brave Jocelyn, tu vas nous reconduire avec force politesse, et pour te récompenser de ton zèle, nous te jurons que tu n'entendras plus jamais parler de nous!
Jocelyn leva les yeux au ciel en signe de remerciement et s'empressa de précéder les deux larrons.
XIV
LA ROUTE DES FALAISES.
Au moment où le comte et le chevalier se mettaient en selle, le lieutenant civil de Quimper, accompagné de divers magistrats et suivi d'une escorte, arrivait au château pour dresser un inventaire détaillé et apposer officiellement les scellés. Le comte poussa du coude son compagnon. Ils échangèrent un sourire.
—Qu'en dis-tu? murmura le comte en mettant son cheval au pas.
—Je dis qu'il était temps! répondit le chevalier.
Les deux cavaliers franchirent le seuil du château en affectant beaucoup d'indifférence et de calme, et en laissant échapper quelques mots qui pouvaient donner à penser qu'ils se rendaient au-devant d'autres gentilshommes arrivant par la route de Quimper. Mais une fois sur la pente douce qui aboutissait au point où se croisaient le chemin de la ville et celui des falaises, ils s'empressèrent de suivre ce dernier.
—Un temps de galop, Raphaël! dit le comte en éperonnant son cheval. On ne sait pas ce qui peut arriver...
Dix minutes après, jugeant qu'ils étaient hors de vue et rien n'indiquant qu'ils eussent un danger à redouter, ils mirent leurs chevaux à une allure plus douce.