—C'est cela; mais avant tout, il faut songer à mettre notre trésor à l'abri des mains profanes.

—Bien entendu, Diégo; allons d'abord à Quimper. Dès demain, nous entrerons en campagne.

—C'est arrêté!

Les deux cavaliers, suivant la route escarpée des falaises, dominaient la hauts mer, nous le savons. Le ciel était pur, la brume, presque constante sur cette partie des côtes, s'était évanouie sous les rayons ardents du soleil; l'atmosphère limpide permettait à la vue de s'étendre jusqu'aux plus extrêmes limites de l'horizon. Le comte, qui laissait errer ses regards sur l'Océan, arrêta si brusquement son cheval que l'animal, surpris par le mors, pointa en se jetant de côté.

—Raphaël! dit le comte. Regarde! Là, sur notre gauche.

—Eh bien?

—Tu ne vois pas ce navire qui court si rapidement vers Penmarckh?

—Si fait, je le vois. Mais que nous importe ce navire?

—Dieu me damne! si ce n'est pas le lougre de Marcof.

—Le lougre de Marcof! répéta Raphaël.