Keinec se signa. Marcof avançait toujours. Après avoir traversé une longue galerie voûtée, il se trouva en face d'une porte en fer, percée d'ouvertures en forme d'arabesques, qui permettaient de distinguer à l'intérieur.

Grâce à la clarté projetée par la torche que tenait Marcof, on pouvait apercevoir une longue rangée de sépulcres. Le marin prit alors la plus grande des deux clés qu'il avait apportées et l'introduisit dans la serrure.

Le mouvement qu'il fit pour pousser la porte renversa la torche qui s'éteignit. Les deux hommes demeurèrent plongés dans une obscurité profonde. Tout autre à leur place eût sans doute été en proie à un mouvement de frayeur; mais, soit bravoure, soit force de volonté, ils ne parurent ressentir aucune émotion.

—Ramasse la torche, dit Marcof d'une voix parfaitement calme, tandis qu'il battait le briquet.

—La voici, répondit Keinec.

La torche rallumée, ils entrèrent. Parmi tous ces sépulcres rangés symétriquement, la tête adossée à la muraille, on en distinguait un, le dernier, dont la teinte plus claire attestait une construction récente; des fragments du plâtre encore frais qui avait servi à sceller la dalle étaient épars autour de ce tombeau. Marcof, avant de s'en approcher, se dirigea vers celui qui le précédait. C'était la tombe du père du marquis de Loc-Ronan. Il s'agenouilla et pria longuement. Keinec l'imita. Puis se relevant, il revint à la dernière tombe qui se trouvait naturellement placée la première en entrant dans le caveau.

—C'est là qu'il repose! murmura-t-il.

Et, prenant une résolution:

—Keinec, dit-il, à l'oeuvre, mon gars!...

—Que veux-tu donc faire, Marcof?