—Merci, mon gars. Et maintenant mettons-nous à l'oeuvre sans plus tarder. Travaillons, Keinec! et, je te le répète encore, que ta conscience soit en repos. J'ai le droit de faire ce que je fais.

—Je ne te comprends pas, Marcof; mais, n'importe, dispose de moi!

XVIII

LE SÉPULCRE DU MARQUIS DE LOC-RONAN.

Marcof donna la pioche à Keinec et prit sa torche. Tous deux se mirent en devoir de desceller la large dalle. Le plâtre, qui n'avait pas eu le temps de durcir depuis les quelques heures qu'il avait été employé, céda facilement.

Introduisant le manche de la pioche entre la dalle et les bords de la tombe, Keinec s'en servit comme d'un levier. Marcof joignit ses efforts aux siens. Tous deux roidissant leurs bras, la dalle se souleva lentement, puis elle glissa sur le bord opposé et tomba sur la terre molle. Le sépulcre était ouvert. Marcof fit un signe de croix sur le vide et dit à Keinec:

—Je vais descendre, allume la seconde torche qui est dans mon caban, et tu me la donneras.

Keinec obéit.

—Bien. Maintenant, matelot, prends le paquet de cordes et donne-le moi aussi.

Marcof enroula les cordes autour de son bras droit, et éclairé par Keinec, il descendit avec précaution dans le caveau. La bière reposait sur deux barres de fer scellées dans la muraille. Marcof l'attacha solidement, puis pressant l'extrémité de la corde entre ses dents, il remonta. Keinec, devinant ses intentions, saisit le cordage, et tous deux tirèrent doucement, sans secousses, pour hisser le cercueil à l'orifice du caveau.