—Jahoua, interrompit Keinec avec violence, je ne suis pas venu pour écouter ici des explications quelles qu'elles soient!...

—Pourquoi es-tu venu alors?

—Pour te tuer!

—Je suis sans armes, Keinec; veux-tu m'assassiner?

—N'as-tu pas assassiné mon bonheur?

—Tuer un homme qui ne peut se défendre, c'est l'acte d'un lâche!

—Eh bien! je serai lâche! que m'importe.

Et Keinec, saisissant sa carabine, l'arma rapidement. Jahoua pâlit, mais il ne bougea point.

—Écoute, dit Keinec, dont le visage décomposé était plus livide et plus effrayant que celui du fermier; écoute, je ne veux pas tuer l'âme en même temps que le corps. Je t'accorde cinq minutes pour faire ta prière...

—Je refuse! répondit Jahoua.