—Cette nuit même.
—Il a donc appris mon arrivée?
—Oui; un domestique à cheval attendait à Penmarckh pendant l'orage, et avait ordre de revenir au château dès l'entrée du Jean-Louis dans la crique.—Vous viendrez n'est-ce pas?
—Sans doute, Jocelyn; aussitôt que les feux de la Saint-Jean seront éteints, je me rendrai au château de Loc-Ronan.
Jocelyn traversa la planche et disparut dans les ténèbres. Marcof réveilla Bervic, lui donna quelques ordres, puis, passant une paire de pistolets dans sa large ceinture, il descendit à terre et s'enfonça dans un étroit sentier qui longeait le pied des falaises.
Dès qu'Yvonne et Jahoua eurent senti le rocher immobile sous leurs pieds, le jeune Breton poussa un soupir de satisfaction. Glissant son bras autour de la taille de sa fiancée, il entraîna rapidement la jeune fille vers l'intérieur du village. Ils firent ainsi deux cents pas environ sans échanger une parole. Jahoua, le premier, rompit le silence.
—Yvonne! fit-il d'une voix lente.
—Jahoua! répondit la jeune fille en levant sur son promis ses grands yeux expressifs tout chargés de langueur.
—Chère Yvonne! je sens votre bras trembler sous le mien. Les coups de mer vous ont mouillée; avez-vous froid?