En ce moment Yvonne entendit marcher dans le corridor. Elle se hâta de remettre le crucifix à sa place et de regagner son lit. Il était temps, car la porte tourna doucement sur ses gonds et le chevalier de Tessy pénétra dans la cellule.
En le voyant, Yvonne se sentit prise par un tremblement nerveux. Raphaël s'avança avec précaution. Arrivé près du lit, il se pencha vers la jeune fille, qu'il croyait endormie, et approcha ses lèvres de ce front si pur. Yvonne se recula vivement, avec un mouvement de dégoût semblable à celui que l'on éprouve au contact d'une bête venimeuse.
—Ah! ah! chère petite, dit le chevalier, il paraît que cela va mieux et que vous me reconnaissez?
Yvonne ne répondit pas.
—Chère Yvonne, continua le chevalier de sa voix la plus douce, je vous en conjure, dites-moi si vous voulez m'entendre et si vous vous sentez en état de comprendre mes paroles. De grâce! répondez-moi! Il y va de votre bonheur.
—Que me voulez-vous? répondit Yvonne d'une voix faible et en faisant un visible effort pour surmonter la répugnance qu'elle ressentait en présence de son interlocuteur.
—Je veux que vous m'accordiez quelques minutes d'attention.
—Qu'avez-vous à me dire?
—Vous allez le savoir.
Et le chevalier, attirant à lui un fauteuil, s'assit familièrement au chevet de la malade. Yvonne s'éloigna le plus possible en se rapprochant de la muraille. Raphaël remarqua ce mouvement.