—Non pas! je vous jure...
—Mais alors, expliquez-vous donc, monsieur! Ne voyez-vous pas que vous me torturez?
—Calmez-vous, de grâce!
—Répondez-moi!
—Eh bien! je vous ai dit la vérité!
—Mais je ne vous connais pas, je vous le répète. Je ne vous ai vu qu'au moment où vous avez accompli votre infâme dessein.
Et la pauvre enfant, en parlant ainsi, s'efforçait d'arrêter les sanglots qui lui montaient à la gorge. Elle tordait ses mains dans des crispations nerveuses. Semblable à la tourterelle se débattant sous les serres du gerfaut, elle s'efforçait de lutter contre cet homme, dont l'oeil fixé sur elle dégageait une sorte de fluide magnétique.
—Permettez-moi de réveiller vos souvenirs, reprit le chevalier, et de vous rappeler ce certain jour où vous reveniez de Penmarckh avec votre père et un gros rustre que l'on m'a dit depuis être votre fiancé? Vous avez rencontré sur la route des falaises deux cavaliers qui vous ont arrêtés tous trois pour se renseigner sur leur chemin.
—En effet, je me le rappelle.
—L'un d'eux vous promit même d'assister à votre prochain mariage et de vous porter un cadeau de noce.