—Oui.
—Eh bien! vous ne me reconnaissez pas?
—Ainsi, ce cavalier?
—C'était moi, chère Yvonne.
—Oui, je vous reconnais maintenant, répondit la jeune fille dont la tête commençait de nouveau à s'embarrasser.
—Pendant cette courte conférence, continua le chevalier, vous avez peut-être remarqué que je n'eus de regards que pour vous, que pour contempler et admirer cette beauté radieuse qui m'enivrait.
—Monsieur! fit Yvonne en rougissant instinctivement, bien qu'elle ne devinât pas encore dans son innocence virginale où en voulait venir son interlocuteur.
—Ne vous effarouchez pas pour un compliment que bien d'autres avant moi vous ont adressé sans doute. Écoutez-moi encore, et sachez que cette beauté dont je vous parle a allumé dans mon coeur une passion subite. Oui, à partir du moment où je vous ai rencontrée, un amour violent s'est emparé de moi. Si les sentiments que je viens de vous peindre vous déplaisent, ne vous en prenez qu'au charme tout-puissant qui s'exhale de votre personne! Ne vous en prenez qu'à ces yeux si beaux, qu'à ce front si pur, qu'à cette perfection de l'ensemble capable de rendre jalouses toutes les vierges de Raphaël et toutes les courtisanes du Titien. Et c'est là ce qui me fait vous ce droit dont nous parlons, que ce droit que vous me reprochez si amèrement d'avoir pris, c'est vous-même qui me l'avez donné en faisant éclore en moi ce sentiment invincible que je ne puis vous exprimer.
—Je ne vous comprends pas! répondit Yvonne atterrée par cette révélation.
—Vous ne me comprenez pas?