—Oh! murmura-t-il, j'ai la poitrine qui me brûle!
—Veux-tu boire? demanda Diégo.
Raphaël ne répondit pas. Diégo s'avança vers la table, prit un verre qu'il remplit encore de syracuse, et le présenta à Raphaël. Celui-ci tendit la main et leva les yeux sur son compagnon. Puis une pensée subite illumina sa physionomie cadavéreuse. Il ouvrit démesurément les yeux, se redressa vivement en repoussant le verre, et saisissant le bras de Diégo:
—Pourquoi nous as-tu fait donner à chacun un flacon séparé de syracuse? demanda-t-il d'une voix rauque. Pourquoi n'as-tu pas bu dans le mien?
—Quelle diable de folie me contes-tu là? répondit Diégo en souriant avec calme.
Mais Raphaël se précipitant vers la table, prit son verre, vida dedans ce qui restait du breuvage empoisonné placé devant lui, et l'offrant à Diégo:
—Bois! lui dit-il.
—Je n'ai pas soif! répondit le comte.
—Bois, te dis-je, je le veux!
—Au diable!