—Eh! quand cela serait? que t'importe?
—Il m'importe qu'avant toute chose je veux que nous partagions ce que vous avez rapporté du château de Loc-Ronan.
—Morbleu! que ne le disais-tu plus tôt?
Et Diégo entraîna rapidement Hermosa dans une chambre voisine. On entendait toujours le râle et les blasphèmes de Raphaël qui lacérait la boiserie de la porte avec la pointe de son poignard. A l'aide d'un briquet qu'il portait constamment sur lui, le malheureux avait encore eu la force de faire jaillir la lumière et de rallumer une bougie. Il espérait pouvoir démonter les gonds de la porte et joindre alors son ennemi, mais sa main vacillante frappait la boiserie et non le fer.
Diégo se dirigea vers un énorme coffre placé dans un des angles de la pièce dont Hermosa avait fait sa retraite. Ce coffre était doublé en fer et avait servi sans doute à renfermer les trésors du couvent. Les religieuses avaient fui si promptement qu'elles n'en avaient pas emporté les clefs. Lorsque le comte de Fougueray était arrivé dans l'abbaye, le coffre était ouvert et vide. C'était là qu'avec Raphaël ils avaient déposé l'or, les bijoux et les papiers arrachés à Jocelyn.
Diégo ouvrit le coffre. Il allait procéder au partage, lorsque Hermosa lui posa la main sur l'épaule.
—Attends! dit-elle.
Diégo la regarda étonné.
—Qu'est-ce donc? demanda-t-il.
—J'ai à te parler.