—Réveille-le promptement et descends. Je t'attends en bas.
—Va; je te suis.
Hermosa courut vers la chambre où reposait son fils. Diégo descendit dans la cour. Les chevaux étaient bridés. Jasmin, tenant les rênes réunies dans sa main droite, attendait au pied de l'escalier. Le ciel était pur. Des myriades de diamants étincelants étaient semés sur l'horizon à la teinte bleue foncée. Quelques nuages blancs s'élevaient gracieusement et enveloppaient au passage la blanche Phébé dans un brouillard semblable à une gaze diaphane.
Diégo frappait sa botte molle du manche de son fouet. Enfin Hermosa parut. Elle tenait son fils par la main. Diégo souleva dans ses bras l'enfant mal réveillé et le jeta sur le cou du cheval qui lui était destiné. Puis, se retournant vers sa compagne, il lui tendit sa main ouverte en se baissant un peu. Hermosa releva sa jupe, appuya sur la main de Diégo un pied fort élégamment chaussé et assez mignon pour celui d'une Italienne, et s'élança en selle en écuyère habile. Diégo enfourcha alors sa monture, prit Henrique entre ses bras, et, appelant le domestique:
—Jasmin, dit-il.
—Monsieur le comte?
—Attache à ton bras la bride du cheval de main et prends la tête.
—Quelle route, monsieur?
—Celle de Brest.
Et Jasmin, sur cette réponse, piqua en avant, tenant soigneusement les rênes du cheval sur lequel il avait placé le coffre. Hermosa et Diégo le suivirent.