Ils ne pouvaient pas songer, à cause de leurs montures, à traverser les champs de genêts. Il fallait suivre la route. Or, cette route conduisait précisément dans la direction qu'avaient prise le marquis de Loc-Ronan, Julie, et Jocelyn une demi-heure auparavant pour se rendre auprès de la vieille fermière.

—Diégo, dit tout à coup Hermosa, si au lieu de gagner Brest, où nous n'arriverons que demain, nous nous dirigions vers Audierne, où nous pourrions être facilement en moins d'une heure?

—Crois-tu que nous trouvions à nous embarquer?

—Sans aucun doute! Avec de l'argent ne trouve-t-on pas tout ce que l'on veut?

—Alors, fit Diégo, piquons vers Audierne.

Et il transmit l'ordre à Jasmin qui, arrivé à un endroit où la route se bifurquait, continua de courir en ligne droite, au lieu de suivre le chemin qui conduisait à Brest.

—Tu as eu une excellente inspiration, reprit Diégo en se penchant vers sa compagne.

—Certes! répondit celle-ci. Nous ne saurions être trop tôt à l'abri des recherches que va provoquer Yvonne d'une part, en racontant ce qu'elle sait, et de l'autre le cadavre de Raphaël que l'on trouvera dans la chambre.

—Puis nous ne saurions trop nous presser également d'arriver à Rennes.

—Ah! les deux millions te tiennent au coeur.