—Qu'importe?

—Il m'importe beaucoup! Je n'entends pas que tu abuses de tes forces!... J'ai besoin que tu vives, Jocelyn; tu le sais bien.

—Monseigneur, encore cette pensée qui vous occupe?

—Elle m'occupera toujours, mon vieil ami.

—Monseigneur, il est bien tard, fit observer Jocelyn après un moment de silence, et en cherchant évidemment à détourner le cours des idées de son maître; ne voulez-vous pas prendre un peu de repos?

—Impossible! J'attends celui que tu as été chercher.

—Monseigneur! j'entends la cloche de la grille; c'est lui sans doute.

—Eh bien! va vite, et introduis-le sans tarder.

Jocelyn sortit, et le marquis, refermant son in-folio, le replaça dans les rayons de la bibliothèque. A peine avait-il achevé, qu'un homme, enveloppé dans un caban de matelot en toile cirée, parut sur le seuil. Il salua le marquis avec aisance, entra, referma la petite porte, fit retomber la lourde portière, ôta vivement son caban qu'il jeta à terre, et, s'avançant vers le marquis, il lui prit la main et voulut la baiser. Le marquis retira vivement cette main, et attira le nouveau venu sur sa poitrine.

—Êtes-vous fou, Marcof? dit-il.