Marcof s'élança, brisa la fenêtre, arracha les rideaux à demi consumés et les jeta au dehors. Keinec, pendant ce temps, avait saisi un seau d'argent dans lequel Jasmin avait fait frapper du champagne, et en versait le contenu sur Raphaël. Puis, aidé par le marin, il transporta le mourant dans la chambre d'Hermosa.

—Cet homme se meurt et est incapable de nous donner aucun renseignement, dit Marcof après avoir déposé Raphaël sur un divan. Il y a eu un crime commis ici; tout nous porte à le croire. Fouillons l'abbaye, Keinec, et peut-être découvrirons-nous ce que nous cherchons.

Keinec pour toute réponse saisit un candélabre chargé de bougies et s'élança au dehors. Marcof redescendit près de Jahoua.

Tous deux fermèrent soigneusement la porte d'entrée, en retirèrent la clé, et, remontant au premier étage, ils se séparèrent pour parcourir, chacun d'un côté différent, le dédale des corridors et des cellules. Mais ce fut en vain qu'ils fouillèrent le couvent depuis le premier étage jusqu'aux combles, ils ne découvrirent rien.

Jahoua, qui était redescendu et pénétrait successivement dans les cellules, poussa tout à coup un cri terrible. Keinec et Marcof accoururent. Ils trouvèrent le fermier à genoux dans la chambre de l'abbesse et tenant entre ses mains une petite croix d'or.

—Qu'y a-t-il? s'écria Marcof.

—Cette croix! répondit Jahoua.

—Eh bien!

—C'est celle d'Yvonne.

—En es-tu certain fit Keinec en bondissant.