—Où as-tu vu ce monsieur?
—A deux lieues d'ici, sur la route d'Audierne. Il traversait les genêts avec une femme habillée en religieuse et un autre homme âgé. Nous les avons arrêtés, mais il nous a donné le mot de passe et il a ajouté les paroles convenues et qui désignent un chef. Alors, au moment de s'éloigner, il m'a rappelé; je suis revenu; il a écrit une lettre sur un papier avec un crayon, et il me l'a remise en m'ordonnant de vous la porter sans retard. J'ai obéi.
—Bien, mon gars.
Le paysan se recula, tandis que le comte brisait le cachet ou plutôt déchirait une enveloppe collée avec de la mie de pain.
—Kérouët, dit-il en s'adressant à un homme qui tenait à la main une torche de résine enflammée, éclaire-moi.
Kérouët s'approcha vivement pour obéir à son chef. Quelques lignes étaient tracées sur le verso de l'enveloppe. Ces quelques lignes contenaient les mots suivants:
«Prière au comte de La Bourdonnaie de faire passer cette lettre par une main fidèle au capitaine Marcof, commandant le lougre le Jean-Louis en relâche à Penmarckh.»
—Marcof, dit le comte en tendant la lettre au marin, ceci est pour vous.
—Pour moi?
—Voyez ce que l'on m'écrit.