Marcof prit la lettre et l'enveloppe. A peine eut-il jeté les yeux sur les lignes tracées au crayon qu'il tressaillit et qu'une joie immense illumina sa mâle figure. Il venait de reconnaître l'écriture du marquis de Loc-Ronan. Prenant la torche des mains de Kérouët et se retirant à l'écart, il lut avidement. Puis il revint vers le comte et son compagnon.

—Messieurs, dit-il, il faut que je vous parle. Éloignez tout le monde.

La Bourdonnaie donna l'ordre d'emmener les prisonniers et de veiller sur eux.

—Qu'y a-t-il? demanda Boishardy lorsqu'ils furent seuls tous trois.

—Je suis autorisé à vous révéler un secret, répondit Marcof. Écoutez-moi attentivement. Le marquis de Loc-Ronan n'est pas mort.

—Philippe n'est pas mort! s'écria Boishardy.

—Impossible! fit le comte; j'ai assisté à ses funérailles.

—Je vous le répète pourtant: le marquis de Loc-Ronan n'est pas mort.

—Impossible! impossible!

—Cette lettre est de lui. Voyez sa signature. Elle est datée de ce soir même.