Il jeta autour de lui un coup d'oeil rapide. Une cellule était ouverte; il s'y précipita. Là, il retint sa respiration, pour être à même de mieux entendre. Keinec, Jahoua et Fleur-de-chêne venaient d'entrer dans l'abbaye.
—Montons-nous? demanda Fleur-de-Chêne.
—Oui, répondit Jahoua.
Diégo sentit une sueur froide inonder son visage. Le misérable craignait la mort, et il ne s'illusionnait pas sur sa position. Être pris était, pour lui, être tué.
Il ne doutait pas que les hommes qu'il entendait ne fussent des chouans, et lui, agent révolutionnaire, devait périr sans miséricorde. Fleur-de-Chêne s'était élancé sur l'escalier. Keinec le retint.
—Inutile, dit-il; nous avons fouillé les étages supérieurs. Allons de suite aux souterrains.
—Soit!
Les trois hommes s'éloignèrent. Diégo sentit une joie suprême succéder à l'angoisse qui le torturait. Il n'était pas découvert, donc il y avait encore de l'espérance. Il entendit les pas résonner sur les dalles du corridor, puis s'éloigner rapidement. Alors Diégo sortit de la cellule. Il ne songeait plus à l'argenterie de l'abbesse.
Retenant sa respiration, se coulant le long des murailles, il descendit les marches avec des précautions infinies. Une fois au rez-de-chaussé, il écouta attentivement.
—Si je fuyais par la cour? pensait-il.