Il fit quelques pas et s'arrêta.

—Non! elle est sans doute gardée; puis, je serais arrêté dans les genêts!

Il revint vers l'escalier conduisant aux souterrains.

—S'ils sont dans les deux autres galeries, je suis sauvé! murmura-t-il.

Keinec, Jahoua et Fleur-de-Chêne étaient demeurés à l'entrée des trois galeries, se consultant sur celle qu'ils devaient explorer la première. Diégo pouvait entendre leurs paroles de l'endroit où il était.

Il sentait que des quelques minutes qui allaient suivre dépendait son existence. Il essaya de balbutier une prière, mais ses lèvres ne trouvaient que des blasphèmes.

Pâle et tremblant, il écoutait comme le criminel qui attend l'arrêt de ses juges. Enfin les trois hommes prirent une décision. Ils continuèrent leurs recherches en poussant en avant. Seulement Diégo ne put deviner tout d'abord, au bruit de leurs pas, la direction qu'ils avaient prise.

Il resta au sommet de l'escalier souterrain, n'osant avancer encore, lorsqu'un nouveau bruit retentit derrière lui. Quelqu'un pénétrait dans le couvent. Diégo se précipita en avant et descendit quelques marches sous l'empire d'une terreur folle.

C'étaient les pas de Marcof que l'Italien avaient entendus. Le marin, arrivant en dernier, avait voulu retourner à la cellule qu'avait probablement occupée Yvonne. Une fois de plus, Diégo voyait s'éloigner le péril.

Bientôt la marche de Marcof résonna au-dessus de la tête du misérable. Alors il continua à descendre. Les trois galeries s'offrirent à lui. Toutes les trois étaient sombres, et aucun rayon de lumière ne lui indiquait celle qu'avaient suivie ceux qui venaient d'y pénétrer. C'était la galerie de gauche qui conduisait à la grotte.