Diégo examina d'abord attentivement celle de droite. Il avança doucement; il ne vit rien. Alors il prit celle du milieu. Au bout de quelques pas, il aperçut au loin la lueur d'une torche.
—Sauvé! murmura-t-il avec joie.
La galerie de gauche était libre. Diégo n'avait pas de lumière. Dans la précipitation de sa fuite, il avait laissé la bougie allumée dans les souterrains près du cadavre de Raphaël. Il se précipita donc dans l'obscurité, se guidant sur la muraille qu'il suivait de la main. Cependant il avançait rapidement. Déjà il avait franchi plus d'un tiers de la distance qui le séparait encore de la grotte, lorsqu'une porte s'ouvrit brusquement derrière lui et qu'un homme s'élança à son tour dans la galerie. Cet homme tenait une torche à la main. C'était Marcof.
Le marin, après avoir brisé le bahut d'ébène, avait facilement découvert l'ouverture secrète donnant dans la cellule de l'abbesse, et espérant être sur les traces d'Yvonne, il était descendu. En pénétrant dans la galerie, il vit un homme bondir devant lui et s'éloigner.
Marcof appela, croyant avoir affaire à l'un de ses compagnons qu'il savait être dans les souterrains. Ne recevant pas de réponse, il poursuivit celui qui fuyait.
—Arrête! cria-t-il en tirant on pistolet de sa ceinture, Arrête!... ou je fais feu!
Diégo continua sa course en augmentant de vitesse; il était protégé par l'obscurité. Marcof fut donc obligé d'ajuster au hasard et de tirer au juger.
La balle effleura la tête de l'Italien et se perdit dans la voûte. Mais Marcof, sa torche d'une main, sa hache de l'autre, bondissait comme un lion en fureur à la poursuite de sa proie.
Diégo s'aperçut promptement qu'il ne pouvait lutter d'agilité; il se retourna. Ne voyant qu'un seul homme, il tint ferme. Le marin arriva sur lui. La torche qu'il portait le mettait en pleine lumière.
—Marcof! s'écria Diégo dont les dents grincèrent de rage. Marcof! je vais te payer la dette que je te dois!