—Tu souhaites la rébellion de ce pays.

—Je la souhaite pour qu'il nous soit plus facile de connaître les traîtres, et par conséquent de les châtier.

—Bien répondu! s'écria Ian Carfor. Celui-là est un bon!...

—C'est vrai, dit Billaud-Varenne. C'est le chevalier de Tessy, et je n'ignore pas les services qu'il nous a déjà rendus.

—Sans compter ceux qu'il peut rendre encore!

—Reprenez donc vos places, citoyens, et causons donc sérieusement, car, ainsi que vous l'a dit Ian Carfor, la situation est grave, et la guerre civile imminente. Déjà la Vendée se remue; la Bretagne ne tardera pas à suivre son exemple...

Alors les quatre personnages enfermés dans l'étroite demeure du berger entamèrent une de ces longues conversations politiques, telles que pouvaient les avoir des amis de Marat et de Billaud-Varenne.

Le soleil était déjà haut sur l'horizon lorsque la séance fut levée. Au moment où les quatre hommes allaient se séparer, Billaud-Varenne s'adressa au berger.

—Ian Carfor, lui dit-il, tu nous as promis de nous tenir au courant des messages qui seraient échangés entre La Rouairie et Loc-Ronan?

—Oui, je l'ai promis et je le promets encore, répondit le berger.