En franchissant cette sorte de fortification naturelle, en suivant la falaise dans la direction d'Audierne, après avoir doublé à demi la pointe de Penmarckh, on découvre une crique étroite offrant un fond suffisant aux navires d'un médiocre tirant d'eau. Cette crique, refuge momentané de quelques barques de pêche, est le plus souvent déserte.

Les rocs qui encombrent sa passe présentent de tels dangers au navigateur, qu'il est rare de voir s'y aventurer d'autres marins que ceux qui sont originaires du pays.

Néanmoins, c'est au milieu du bruit assourdissant, c'est en passant entre ces écueils perfides, par une nuit sombre et par un vent de tempête, que le Jean-Louis doit gagner ce douteux port de salut.

Le lougre avançait avec la rapidité d'une flèche lancée par une main vigoureuse. Marcof, toujours attaché à Yvonne, tenait la barre du gouvernail.

—Tonnerre! murmura-t-il brusquement en interrogeant l'horizon; tous ces gars de Penmarckh sont donc devenus idiots! Pas un feu sur les côtes!

—Un feu à l'arrière! cria le mousse toujours amarré au sommet du mât, et semblant répondre ainsi à l'exclamation du marin.

—Impossible! fit Marcof, nous n'avons pas doublé la baie, j'en suis sûr!

—Un feu à l'avant! dit Bervic.

—Un feu par la hanche de tribord! s'écria un autre matelot.

—Un feu par le bossoir de bâbord! ajouta un troisième.