C'est la manière d'exprimer que le parti lui convient. Les parents avertis et consultés, si le jeune homme est agréé, au jour convenu, le tailleur, portant à la main une baguette blanche et chaussé d'un bas rouge et d'un bas violet, le leur amène accompagné de son plus proche parent. Cette démarche s'appelle «demande de la parole.» Là cessent les fonctions du tailleur. Il ne les reprend plus que pour le jour du mariage; mais elles changent de nature, et rentrent alors dans les attributions du poète, ainsi que nous le verrons plus tard.
C'était le tailleur de Fouesnan qui avait arrangé le mariage de Jahoua et d'Yvonne. Jahoua avait vu la jeune fille au pardon de la Saint-Michel, et en était devenu amoureux. Jahoua habitait à dix lieues de Fouesnan. Ne connaissant ni Yvonne ni son père, il avait, suivant la coutume, été trouver le tailleur, et l'avait prié de parler en son nom. Le tailleur très-fier d'être employé par un fermier comme Jahoua, n'avait pas demandé mieux que de se charger de l'affaire, et, sans retard, il s'était mis à l'oeuvre, et il avait réussi.
Donc, l'arrivée du tailleur devait être, à bon droit, saluée par les acclamations des assistants.
—Ah! c'est vous, tailleur! s'écria Jahoua.
—Oui, mon gars, c'est moi!
—Approchez et prenez un gobelet, ajouta Yvon.
—Asseyez-vous et contez-nous les nouvelles, fit un troisième.
—Ah! les nouvelles, mes gars, elles ne sont pas gaies aujourd'hui, répondit le tailleur.
—Est-ce qu'il est arrivé un malheur à quelqu'un? demanda Jahoua.
—Oui.