Sans s'inquiéter davantage des oiseaux épars, avec leurs entrailles de coton pendantes sur le plancher du théâtre de ses ébats, monsieur Tom se glissa dans le couloir obscur qui mène du cabinet des officiers à la chambre du conseil de l'arrière.
| Monsieur Tom se glisse dans le couloir. |
Il allait à pas prudents, l'oreille au guet, tressaillant au moindre bruit et partagé entre deux désirs, le désir d'aller surveiller des souris lointaines, dont il entendait les dents fines ronger de vieux morceaux de biscuit de mer dans des entreponts ténébreux, et le désir d'aller voir un peu la cause d'un bruit singulier qui lui arrivait par la porte ouverte de la chambre du conseil et l'intriguait fort.
Or, ce bruit était le fait du bec sonore du perroquet du commandant, un superbe cacatoès à huppe, dont on avait, je ne sais pourquoi, placé la cage sur la table de la chambre en question.
Le cacatoès, pour passer le temps, raclait les barreaux de sa cage avec son bec solide, à la façon d'un joueur de harpe.
Seulement, dame ! ce virtuose à plumes ne jouait pas des airs bien enchanteurs sur son instrument improvisé.
Tom, guidé par la rauque mélodie, arriva en rampant jusqu'à la porte du conseil et vit le magnifique oiseau.
— Tiens, tiens ! se dit-il, en voilà un qui n'a pas du tout l'air d'être en coton. Ça doit être joliment bon à griffer, ce pingouin jaune-là, qui a une si belle huppe sur le crâne !
De son côté, le perroquet aperçut le chat, hérissa sa huppe comme un éventail qui s'ouvre, et lui demanda brusquement d'une voix tremblante d'impatience :
— As-tu déjeuné, Jacquot ?