Puis, rassemblant toute son énergie, il glissa une patte téméraire à travers les barreaux malencontreux, dans la direction du perroquet, réfugié dans son dernier retranchement, c'est-à-dire au sommet de sa cage.
Fatale imprudence !
En ce moment, d'ailleurs, dans la cabine du commandant, le maître de Tom commettait, de son côté, une imprudence énorme aussi, en gardant en main, à tort, un cinq-quatre encombrant.
Ce cinq-quatre décida du sort de la bataille ; il resta pour compte dans la main du lieutenant et le commandant gagna la partie, qui était la cent neuvième de la journée entre les deux adversaires.
Jacquot et Tom n'eurent pas besoin de jouer leur jeu cent neuf fois pour en avoir assez.
A la première partie, le perroquet empoigna, avec l'héroïsme que la peur inspire souvent aux êtres faibles, la patte menaçante de monsieur Tom, et il la lui mordit vivement.
Oh ! alors, Tom poussa un cri de détresse surprenant et essaya de se dégager au plus vite.
Mais la tenaille de l'oiseau le serrait sans pitié ; on ne peut vraiment pas lui en vouloir.
Il ne fallait pas y aller, voyez-vous, petit sot de chat !
Enfin, le cacatoès, ayant sans doute fait cette réflexion qu'il ne pourrait pas rester toute sa vie — et on dit que les perroquets vivent cent ans — avec une patte de chat dans le bec, se décida sagement à lâcher son ennemi, après l'avoir puni de la belle manière.