Mais le jeu de griffes est plus désastreux encore que le jeu de mains.
Or un jour — car il faut tout dire, hélas ! — tandis que le lieutenant Coquillard, éloigné de sa cabine depuis trois heures, et enfermé, en compagnie de dominos, avec son commandant, essayait de se débarrasser, au détriment de cet officier supérieur, d'un double-six réellement obstiné, que le hasard mettait sans cesse dans son jeu, le petit minet sauvé des eaux, comme Moïse enfant, se mit à faire également sa partie dans la chambre de son ami.
Et quelle partie !
Je frémis encore rien que d'y songer !
D'abord, d'un coup de patte, Tom jeta à bas d'un guéridon l'arbuste artificiel sur les branches duquel le lieutenant Coquillard avait fait reposer une douzaine d'oiseaux-mouches.
Quand les oiseaux-mouches furent par terre, Tom leur défrisa les plumes, en veux-tu, en voilà, de la belle manière !
Puis, comme il reconnut que ce n'étaient pas de vrais oiseaux, des oiseaux vivants, des oiseaux bons à croquer, il les abandonna à leur triste position, et s'amusa à courir sur les meubles, renversant les bouquins, froissant les papiers, se mettant sur le dos pour mieux les rouler et les déchirer entre ses terribles mains de chat.
Enfin, comme cela ne lui semblait pas très drôle, à la longue, il sauta comme un tigre sur le fameux pingouin, dont il avait eu d'abord un peu peur.
| Tom s'acharna sur le pingouin. |
Le pingouin ne résista pas et il ne poussa pas son cri de guerre.