—Je tâcherai de vivre pour vous servir. Mais, s'il faut mourir, je mourrai.

—Toi seul peux accomplir la mission dont je vais te charger, continue le comte. Demain, tu partiras pour Paris. Je te laisse maître de décider quelles précautions tu dois prendre pour y arriver sans encombre.

—Monsieur le comte peut s'en fier à moi.

—En y arrivant, tu te rendras à l'hôtel de Malincourt. Tu y pénétreras en veillant à n'être vu de personne, si ce n'est du suisse Kelner à qui j'en ai confié la garde.

—Kelner est un ami. Nous nous comprendrons à demi mot.

—Ecoute-moi bien, maintenant. Tu monteras dans ma chambre. À la tête du lit se trouve un bénitier; derrière le bénitier, un bouton de cuivre, dissimulé sous la tenture; Tu presseras ce bouton et tu découvriras une cachette ménagée dans le mur. Dans cette cachette, il y a un petit coffre en fer qui contient quatre mille louis. Tu me l'apporteras.

—Entendu, Monsieur, et, sauf incident, dans quinze jours je serai rentré à Saint-Baslemont.

—Ce n'est pas à Saint-Baslemont qu'il faudra venir me rejoindre.

—Et où donc, Monsieur?

—À Coblentz.