—C'est vrai. Mes compagnons et moi en sommes partis à la fin de la semaine dernière.
—Alors, tu sais que Dumouriez a été battu par les Autrichiens?
—Vous en avez déjà la nouvelle?
—Elle est arrivée voici trois jours par estafette au Comité de Salut public, qui l'a communiquée à la Convention.
—Alors, je n'ai plus rien à vous apprendre.
—Au contraire, car tu peux nous dire s'il est vrai, comme on l'affirme, que Dumouriez est en train de trahir.
À cette question, Rigobert tressaillit.
—Eh! ce n'est pas mon affaire, camarades, répondit-il avec embarras, n'osant prendre sur lui d'accuser Dumouriez et encore moins de le défendre…
—C'est l'affaire de tous les patriotes, citoyen sergent, reprit l'homme d'une voix sombre.
—Comment se fait-il que Dumouriez se soit laissé battre! ajouta un autre.