La cérémonie était terminée déjà, le P. David avait quitté les vêtements sacerdotaux, quand soudain, du rez-de-chaussée, monta un bruit sourd. À l'une des portes du château, du côté du parc, des coups précipités se faisaient entendre. Il y eut un moment de surprise et d'inquiétude.

—Qui nous arrive? demanda Valleroy en se levant.

—Nous n'attendons personne, objecta tante Isabelle.

—C'est peut-être Armand qui revient! s'écria Bernard. Sur ce mot, Valleroy s'élança hors de la pièce, suivi de Chourlot qui portait un flambeau. Ils arrivèrent au rez-de-chaussée contre la porte à laquelle on frappait. Et comme les coups redoublaient:

—Qui va là? interrogea Valleroy.

—Un proscrit qui sollicite un asile, répondit une voix mâle.

—Il n'y a de proscrits aujourd'hui que les jacobins et les terroristes souffla Valleroy à l'oreille de Chourlot. Défions-nous…

—N'ouvrez pas! murmura Chourlot.

—Tous les malheureux ont droit à notre pitiés Tournant la clé dans la serrure, Valleroy entre-bâilla la porte. L'ouverture n'était pas grande, mais, si peu qu'elle le fût, elle l'était assez pour permettre à un homme de passer, et le proscrit, s'y précipitant, entra dans le château où, à peine entré, il tomba à genoux, sans qu'on pût voir son visage dissimulé sous les larges bords de son chapeau.

—Par pitié, ne me repoussez pas, murmura-t-il. Je suis poursuivi; j'ai marché depuis le lever du jour et n'ai pu trouver ni un morceau de pain ni un verre d'eau.