—Sans nouvelles, oui, Monsieur, et cela depuis le jour où nous nous séparâmes à Coblentz, en 1793. Est-il vivant? Est-il mort? Je l'ignore.

—Il est vivant, n'en doutez pas, se hâta de répondre M. d'Épernon pour rassurer Bernard.

—Comment donc ne m'a-t-il pas écrit?

—Avant thermidor, quand régnait la Terreur, il ne pouvait vous écrire sans vous compromettre. D'ailleurs, savait-il seulement où vous étiez? Depuis, sans doute, il vous a envoyé de ses nouvelles; mais vous ne les avez pas reçues. Songez qu'il y a loin de l'Autriche à Paris.

—Il est donc en Autriche? s'écria Bernard.

—Vous l'ignoriez!

—Par qui et comment l'aurais-je su? Et que fait-il dans ce pays lointain?

Cette fois, M. d'Épernon ne se pressait pas de répondre, et sons attitude indiquait clairement que ce n'était pas par ignorance qu'il restait silencieux, mais parce que ce qu'il avait à lui dire lui coûtait.

—L'avez-vous vu? demanda Bernard suppliant.

—Non, je ne l'ai pas vu. Mais, à diverses reprises, j'ai rencontré des gens qui m'ont parlé de lui, il y a quelques mois encore, et c'est ainsi que j'ai appris…