Note 38: Voir pour cette mission de Saint-Priest le 1er volume, p. 395 et suivantes.[Retour au Texte]
Note 39: Ces détails et les suivants sont extraits du rapport dans lequel, le 24 décembre, le marquis de Bonnay rendait compte de sa mission. Ce rapport, adressé au comte d'Avaray, était destiné à passer sous les yeux du roi.[Retour au Texte]
Note 40: C'est quelques jours avant le dix-huit fructidor que l'Autriche et l'Angleterre abandonnèrent l'armée de Condé, et peu de temps après que le tsar la prit à son service. La négociation eut lieu, sur des ordres venus de Saint-Pétersbourg, entre le prince de Condé et M. d'Alopeus, ministre russe à Dresde. Lorsque l'armée dut se mettre en route pour la Pologne, le tsar envoya au prince de Condé, pour diriger et protéger sa marche, un de ses aides de camp, le prince Basile Gortschakof. L'armée de Condé resta en Pologne jusqu'à la formation de la seconde coalition. Elle fut alors dirigée vers la Suisse, où elle n'arriva qu'après la bataille de Zurich, trop tard pour prendre part aux opérations. Le tsar ne se montrait pas disposé à la conserver après qu'il se fut séparé de ses alliés. Au commencement de 1800, Condé obtint, par l'intermédiaire de Wickham, qu'elle repasserait à la solde de l'Angleterre. On la verra, dans la suite de ce récit, finir misérablement son existence.[Retour au Texte]
Note 41: 1er volume, p. 268.[Retour au Texte]
Note 42: Mémoires inédits du marquis de Bouthellier-Chavigny.[Retour au Texte]
Note 43: À son arrivée, Condé reçut vingt mille roubles «en argent blanc» et une rente annuelle de soixante-dix mille pour sa famille et pour lui. Woronzow affirme dans sa correspondance que le prince, après avoir tant reçu, «eut le front de demander si c'était tout et qu'on ne devait pas oublier qu'il était un Bourbon.» L'Empereur lui répondit assez durement. «Mais, ajoute Woronzow, comme c'est une espèce d'aventurier, héros et Français, il saura se remettre.» De son côté, la princesse de Lieven racontait que, dans sa jeunesse, au couvent de Smolnoï où elle avait été élevée, il lui était arrivé de jouer au volant avec l'Empereur et le prince de Condé. Au mois de mai, Condé et le duc d'Enghien qui était venu le rejoindre, subirent les effets de la bizarre humeur de Paul Ier. Soit qu'ils eussent alarmé la jalousie des courtisans, soit que le tsar eût pris ombrage de l'intimité qui s'était formée entre eux et divers membres de la famille impériale, ils furent l'objet d'une éclatante disgrâce. Elle dégénéra en taquineries qui les décidèrent à partir et à rejoindre leur petite armée à Dubno.[Retour au Texte]
Note 44: Cette qualification n'avait jamais été employée par la cour de France. Bien que, dès le début de son règne, Catherine eût demandé qu'on l'appelât «Majesté Impériale», Louis XV et Choiseul s'obstinèrent à ne pas lui donner ce titre, en déclarant à son ambassadeur Galitzin que la langue française ne comportait pas l'assemblage de ces deux mots. Catherine exprima son mécontentement, en rappelant son représentant et en le frappant d'une disgrâce qui durait encore quatorze ans après, en 1782.[Retour au Texte]
Note 45: La comtesse d'Artois était à Klagenfurth en Carinthie (pays autrichien).[Retour au Texte]
Note 46: Saint-Priest répondait de Stockholm le 17 février: «Sire, j'ai reçu la lettre dont Votre Majesté m'a honoré de sa main, le 27 du mois dernier. Elle doit bien être persuadée que la seule impossibilité physique pourrait m'arrêter lorsque ses ordres daignent m'appeler auprès d'elle. Je partirai dès qu'il y aura moyen de passer le bras de mer qui sépare la Suède de la Finlande, et j'espère que ce sera sous peu de jours. J'apprendrai à Pétersbourg la marche de Votre Majesté, soit pour l'y attendre, soit pour aller la rejoindre à Mitau; car, quoique assez près de cette ville par mer, la distance est plus que quadruple par terre, et le plus court chemin est par Pétersbourg.»[Retour au Texte]
Note 47: «Je ne vous parle pas des roues et des essieux cassés, du soir où il a fallu que des hommes portassent ma voiture à bras; ce ne sont là que des roses. J'arrive à une lieue d'ici; impossible de pénétrer jusqu'à l'endroit où on passe ordinairement le Niémen. Je le traverse dans un bateau. M. le général de Sacken, des attentions duquel je ne saurais trop me louer, m'envoie des voitures, et j'arrive ici avant-hier à bon port. Mais, quand on veut mettre ma voiture sur le bateau, il est prêt à couler bas. On en amène un second, on les attache tant bien que mal; on vent partir: même accident; la nuit vient, il faut rester là. Hier, voilà la débâcle du haut qui se fait, la rivière charrie, monte de huit pieds; encore vingt-quatre heures de perdues. Pendant ce temps-là, la Willia n'était pas plus passable que le Niémen et il a bien fallu me dire que j'étais sur terre russe pour ne pas regretter le Strand et Tilsitt.—Le roi au prince de Condé.—Kowno, 19 mars 1798.»[Retour au Texte]