[63]: J'ai eu le regret de ne pas la retrouver dans les papiers du roi. En revanche, il en est une autre du 9 novembre, qui annonce au roi la mort du fils de Mme de Polastron. Officier dans l'armée anglaise, il a succombé à la fièvre jaune à Gibraltar. «La manière, mande le comte d'Artois à son frère, dont je vous avais recommandé le malheureux jeune homme que je suis réduit à pleurer, et la tendresse si naturelle que je portais au fils unique de l'amie qui m'a été enlevée suffisent pour vous donner une idée de l'état de mon cœur et de mon âme.»
[64]: Il était atteint déjà de la maladie qui, dix ans plus tard, nécessita la régence du prince de Galles.
[65]: D'Oubril, à Paris, demanda ses passeports le 28 août; ils lui furent envoyés le même jour. D'Hédouville avait déjà quitté Saint-Pétersbourg, ainsi que Rayneval, resté derrière lui comme chargé d'affaires.
[66]: En 1797, alors que Joseph de Maistre était à Turin, et venait de publier son livre: Considérations sur la France, des relations s'étaient nouées entre lui et d'Avaray. Le souvenir de ces relations décida Louis XVIII, en 1804, à demander à l'illustre écrivain son avis sur la Déclaration. On verra plus loin, comme par la publication de la correspondance de Joseph de Maistre avec Blacas, quelle vive et tendre amitié se forma entre eux, à suite de leur rencontre à Saint-Pétersbourg.
[67]: Dès le 20 juillet, le roi de Prusse avait donné avis à Lucchesini, son ministre en France, des projets du prétendant: «Je vous en informe afin que vous puissiez en parler, puisque le gouvernement français paraît attacher, à tort, de l'importance aux démarches même les plus innocentes de cet infortuné prince. Je m'attends au moins que dans aucun cas, on ne paraîtra vouloir s'enquérir officiellement de cette correspondance indifférente dont personne absolument n'a le droit de se mêler.»
[68]: En avril 1806, Louis XVIII ordonne que, désormais, son dîner ne sera que de trois plats, que les traitements de sa maison au-dessus de douze cents francs seront réduits de 20 pour 100, et que le fonds de la caisse de secours le sera de trente-six mille à douze mille.
[69]: On peut voir par les lettres de Joseph de Maistre à Louis XVIII et au comte d'Avaray (t. 1er, pp. 229, 261, 264, 267, de la Correspondance, Vitte et Perrussel, éditeurs, Lyon) qu'il n'approuva pas, dans toutes ses parties, le manifeste royal, mais que, pour la plupart, les corrections qu'il proposait ne furent pas acceptées par le roi, bien que d'Avaray les eût sollicitées, en disant: «De toutes les vanités d'auteur, la plus déplacée serait celle du roi ou la mienne. Taillez, réformez, supprimez, ajoutez.» Du reste, Joseph de Maistre n'en parut pas offensé.
[70]: Il résulte de cette citation que ce n'est pas Talleyrand, ainsi qu'on l'avait toujours supposé, qui prononça, le premier, en 1814, ce mot: légitimité.
[71]: On sait que la maladie de son père ayant dégénéré en aliénation mentale, le prince de Galles fut proclamé, en 1810, régent du royaume, sur lequel il régna plus tard sous le nom de Georges IV.
[72]: Plusieurs émigrés, officiers dans l'armée russe, assistaient à cette bataille, et notamment le comte de Langeron, Emmanuel de Saint-Priest et son frère, le comte de Rastignac, le baron de Damas, M. de Boissaison, M. de Villerot qui fut tué, et les deux fils de la princesse de Broglie-Revel, dont l'aîné fut blessé à mort.