Cela rappelle madame Drouart à elle-même:
—Qu’as-tu donc, ma fille? comme tu joues faux!
Louise ne répond pas. Madame Drouart écoute. Au son mourant du piano vient de succéder un son plus aigu; c’est le bruit d’une fenêtre qui s’ouvre doucement et qui crie.
Saisie d’un pressentiment inexplicable, madame Drouart se lève à la hâte; elle tremble sur ses jambes; ses lèvres sont pâles. Quel malheur nouveau la menace?
Elle pousse brusquement la porte de son cabinet. Louise est à la fenêtre. De la tête et de la main, elle fait signe à quelqu’un du dehors; le bruit de la rue l’a empêchée d’entendre les pas de sa mère.
Louise referme la fenêtre bien vite, se retourne et voit madame Drouart, les yeux ardens, qui l’interroge et l’accuse par l’expression sévère de tous les traits de sa face. Louise immobile de stupeur, le regard baissé, les mains pendantes, attend.
Madame Drouart court à la fenêtre. Louise fait un mouvement d’effroi, car elle a pensé que les pas précipités de sa mère venaient à elle. Après avoir regardé long-temps la rue, et les voitures qui la traversent, madame Drouart quitte la fenêtre et dit: Je ne vois personne!
Louise s’est laissée tomber sur une chaise; elle porte son mouchoir à sa figure; son œil inquiet suit les mouvemens de madame Drouart qui semble un peu plus calme.
Il se fait un long silence.
Louise le rompt la première: Mon Dieu, maman, je ne t’ai jamais vue comme cela! Qu’est-ce que tu as donc contre moi? Parce que j’ai ouvert cette fenêtre....