—Pour voir si la neige ne tombait pas.
—Tu agitais la tête....
—Parce que je toussais, je suis enrhumée.
Et Louise, autant pour se donner une contenance que pour faire voir à sa mère comment la tête remue lorsqu’on tousse, se mit à tousser de tous ses efforts, mais pas assez naturellement pour en imposer à sa mère sur son prétendu rhume.
—C’est bien, ma fille, très-bien, dit madame Drouart. Et plus inquiète que jamais, elle se rapprocha de la fenêtre pour chercher de nouveau dans la rue.
Un jeune homme, enveloppé d’un manteau, se tenait debout et immobile vis-à-vis de leur maison; il avait l'œil fixé sur leurs croisées. Lorsque madame Drouart se montra, le jeune homme se mit à marcher; au bout de cinquante pas, juste au moment où madame Drouart allait le perdre de vue, il détourna la tête, après quoi il disparut.
Madame Drouart resta long-temps, sans mot dire, la figure collée sur les vitres. Bientôt il lui sembla que le jeune homme au manteau reparaissait à la même place où elle avait cessé de l’apercevoir. Il avançait la tête avec précaution, tout au loin, serré contre le mur, et sans doute peu satisfait de ne retrouver aux vitres que la figure de madame Drouart, il se retira; puis elle ne le revit plus.
Louise continuait à tousser. Maman, dit-elle, en essayant de briser sa voix, nous n’avons pas de sirop à la maison. Veux-tu que j’en aille chercher? Je souffre horriblement de la poitrine.
Madame Drouart ne répondit rien.
—Veux-tu, maman?