—Depuis qu’elle est chez vous, je le crois bien: elle n’a cessé d’avoir le transport. Mais auparavant?
—Auparavant comme depuis, docteur. Ne vous ai-je pas raconté déjà où je l’ai connue, où je l’ai laissée, où je l’ai retrouvée, et à la suite de quelle aventure je l’ai fait transporter chez moi, à son insu, évanouie?
—Voyons, Gustave, ne plaisantez pas. Que diable, ce n’est pas à moi qu’il faut conter des histoires aussi folles! Une amourette ne ressemble pas tout-à-fait à une aventure de roman, mon ami! dans la vie telle que je la connais, les jeunes filles de l’âge de la vôtre ne s’évanouissent pas de froid, à deux heures de la nuit, devant la porte de leur mère.
—Ne l’avez-vous pas trouvée glacée, lorsque vous êtes venu hier au matin?
—Je l’ai trouvée brûlante.
—Vous êtes insupportable... chut! je crois qu’elle parle...
Gustave, marchant sur la pointe du pied, entr’ouvrit avec précaution la porte de la chambre où Louise était couchée...... il revint avec tous les signes de l’abattement sur son visage.
—Elle pleure et appelle sa mère, dit-il.
Le docteur sourit.
—C’est le délire de la fièvre, mon cher Gustave: dans son bon sens, ce n’est pas le nom de sa mère qu’elle prononcerait... Du reste, ajouta-t-il, je puis vous certifier que votre Louise ne pleure pas du tout, elle est trop malade pour cela.