—Ma convalescence!... ah! monsieur, j’aimerais bien mieux mourir!

Le docteur employa toute sa science à faire renaître le calme en l’esprit de Louise.—Gustave vous aime, disait-il; son existence, c’est la vôtre; pensez donc à son désespoir s’il venait à vous perdre, prenez soin de votre santé pour lui, madame.

Elle demeurait indifférente et froide à ces raisons. Le docteur quitta l’appartement. Gustave, qui l’attendait dans une chambre voisine, tout en lui demandant avec intérêt des nouvelles de la malade, parut prendre plus d’intérêt encore à connaître les détails de leur entretien.

—Se souvient-elle de l’histoire qu’on lui a faite sur notre prétendu mariage, docteur?

—Comme vous et moi, répondit le médecin; ce n’était guère possible autrement, mais j’ai paré le coup ainsi que nous en étions convenus à l’avance, et à présent elle me semble un peu plus calme.

—Vous a-t-elle manifesté quelque désir de me voir? elle doit être fort surprise que je ne sois pas près d’elle.

—Non, elle s’imagine être chez moi; elle ne peut trouver étonnant que vous n’y soyez pas à toute minute.

—C’est qu’elle ne m’a pas aperçu depuis long-temps.

—Je le sais bien; mais peut-être n’ose-t-elle pas me dire à moi qu’elle voudrait vous voir... Et puis la mort de sa mère la distrait de tout autre chose: c’est une pensée qui la poursuit sans relâche.

Gustave soupira. Pauvre fille! dit-il; je suis bien coupable envers elle, docteur; comment la dédommager de tant de maux? Heureusement que je vous ai là, mon cher Thévenot; vous êtes mon ami, mon ami sincère, vous?..... je vous en remercie mille fois: vous me conseillerez, vous me guiderez...