—N’est-il pas entré tout à l’heure ici une jeune dame en bonnet?...

Dans la personne qui adressait cette question au portier, Louise reconnut madame Lefebvre, qui fit semblant d’être étonnée et ravie de trouver Louise là.

—Mon Dieu! madame, dit-elle, comme je suis contente de vous avoir rencontrée! il y a une heure que je tiens tout Paris pour découvrir où vous êtes. Monsieur est dans un désespoir affreux.... il cherche de son côté... Je vous en prie, venez vite; il n’y a pas un instant à perdre, monsieur se meurt d’inquiétude.

Louise, à qui la présence des Lamarre pesait de tout le poids de ses fautes passées, sentit un grand soulagement à voir madame Lefebvre; ce fut presque du bonheur, car elle allait cesser de rougir de honte devant toute cette famille de portiers.

—Il est donc bien inquiet de moi? demanda-t-elle avec un mouvement de joie et en se hâtant de sortir.

—Vous ne vous figurez pas, madame, combien monsieur est tourmenté, répliqua madame Lefebvre: il est comme un fou.

—Vous êtes mariée, mademoiselle? demanda le vieux Lamarre.

—Certainement que madame est mariée, dit madame Lefebvre.

Louise, pâle et chancelante tout à coup, fut obligée de s’appuyer contre le mur intérieur de la cour; elle fit signe qu’elle se trouvait mal; mademoiselle Agathe courut prendre une chaise dans la loge, tandis que madame Lefebvre s’en alla chercher un fiacre.

On aida Louise à monter en voiture.